102 No Nobélium 259*
actinide bloc-f Période 7 Radioactifs Synthétique

Nobélium

No · Élément 102 · Actinide

L’objet d’une controverse de découverte qui a duré une décennie entre des équipes suédoises, américaines et soviétiques.

État à 20°C solide~
Masse atomique 259 u
Configuration électronique[Rn] 5f¹⁴ 7s²

Structure

L’atome de nobélium

Il ne s’agit pas d’un diagramme de points sur des anneaux — mais d’un échantillon de Monte-Carlo de la véritable densité de probabilité |ψ|² pour chaque sous-couche occupée. Faites glisser pour faire pivoter. Le bleu et le violet indiquent les signes opposés de la fonction d’onde, ce qui rend la liaison possible.

Nuage orbital

Valeurs mesurées

Fiche de propriétés

Chaque barre indique où se situe nobélium parmi les 118 éléments pour cette propriété.

Physique

Masse volumique 9,9 g/cm³~ 64%
Point de fusion 1100 K~ 48%
Point d’ébullition
Chaleur massique
Conductivité thermique

Atomique

Rayon atomique 246 pm 83%
Rayon covalent 176 pm~
Rayon de Van der Waals 246 pm

Électronique

Électronégativité 1,3 30%
Énergie d’ionisation 639,7 kJ/mol 41%
Affinité électronique

Occurrence

Abondance dans la croûte terrestre 0 mg/kg 0%

Identité

SymboleNo
Numéro atomique102
Masse atomique259 u
Catégorieactinide
Blocf
Structure cristallineunknown
États d’oxydation+2, +3
Découvert1958
Découvert parJoint Institute for Nuclear Research

Sources : masses atomiques standard de l’IUPAC 2021 · CRC Handbook of Chemistry and Physics · NIST. Les valeurs marquées ~ sont prédites plutôt que mesurées.

Taille, à l’échelle

Quelle est la taille de l’atome de nobélium ?

Rayon de 246 pm — soit 0,246 nm ; il en faudrait donc environ 2,03 millions côte à côte pour couvrir un millimètre.

Plage thermique

Solide, liquide, gaz — et quand

Nobélium fond à 1100 K ; son point d’ébullition n’a pas été mesuré.

Où il se trouve

Position dans le tableau

Nobélium se trouve dans la série des actinide, imprimée sous la grille principale.

Autres Actinides

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L’histoire

Ce qu’est nobélium et comment nous l’avons découvert

L’objet d’une controverse de découverte qui a duré une décennie entre des équipes suédoises, américaines et soviétiques.

La découverte de nobélium

Controverse internationale sur la découverte (1957-1966)

La découverte du nobélium est devenue l’un des différends les plus controversés de la science pendant la guerre froide. La première revendication est venue de l’Institut Nobel de Stockholm, en Suède, en 1957, suivie de revendications concurrentes de scientifiques soviétiques à Dubna et de chercheurs américains à Berkeley, donnant lieu à une bataille de priorité qui dura une décennie.

Revendication initiale suédoise

En 1957, des physiciens suédois de l’Institut Nobel annoncèrent la découverte de l’élément 102 en bombardant du curium-244 avec des ions de carbone-13. Ils proposèrent le nom « nobélium » en hommage à Alfred Nobel. Cependant, d’autres laboratoires ne purent pas reproduire leurs résultats et l’équipe suédoise finit par retirer ses revendications.

Succès de l’Union soviétique

La synthèse définitive fut réalisée en 1966 par l’équipe de Georgy Flerov à l’Institut unifié de recherches nucléaires de Dubna, en Union soviétique. Ils créèrent avec succès du nobélium-256 en bombardant de l’uranium-238 avec des ions de néon-22, apportant la preuve concluante de l’existence de l’élément 102.

Résolution de l’IUPAC (1992)

L’Union internationale de chimie pure et appliquée mit finalement fin à la controverse en 1992, en attribuant la découverte officielle à l’équipe soviétique. Toutefois, le nom « nobélium » fut conservé en raison de son usage répandu dans la littérature scientifique, créant une situation inhabituelle où ceux qui avaient donné le nom n’étaient pas les découvreurs.

Diplomatie scientifique pendant la guerre froide

La controverse autour du nobélium reflétait les tensions plus larges de la guerre froide dans le domaine scientifique, la fierté nationale et le prestige politique étant liés aux découvertes d’éléments. La résolution finale démontra que la coopération scientifique internationale pouvait surmonter les divisions politiques dans la quête de la vérité.

Applications

À quoi sert nobélium

Recherche en chimie nucléaire

Le nobélium joue un rôle essentiel dans la compréhension de la chimie des éléments superlourds, notamment dans l’étude du comportement des orbitales électroniques sous des conditions de charge nucléaire extrême. Les scientifiques étudient le nobélium pour valider les prédictions des effets relativistes dans les atomes lourds et explorer les liaisons chimiques au-delà des tendances périodiques traditionnelles.

Études sur la limite de la série des actinides

Les équipes de recherche utilisent le nobélium pour étudier la fin de la série des actinides et la transition vers les éléments superlourds. Ces recherches contribuent à déterminer où s’achève le remplissage des orbitales f et fournissent des informations sur les configurations électroniques qui influencent les propriétés chimiques des éléments 103 et suivants.

Étude des processus de désintégration nucléaire

Les isotopes du nobélium sont d’excellents sujets d’étude de la fission spontanée et des chaînes de désintégration alpha, fournissant des données essentielles pour comprendre les limites de la stabilité nucléaire et prédire les propriétés d’éléments superlourds non découverts dans l’« îlot de stabilité » théorique.

Mise à l’épreuve des modèles théoriques

Les physiciens utilisent le nobélium dans des expériences qui testent les calculs de mécanique quantique concernant les atomes superlourds, en validant les prédictions théoriques sur les effets de couches nucléaires, les énergies de liaison et les voies de synthèse optimales pour créer des éléments encore plus lourds.

Technologies avancées de détection

Les recherches sur le nobélium favorisent le développement de techniques analytiques à ultra-haute sensibilité, notamment les méthodes de chimie sur atome unique, la spectrométrie de masse avancée et les systèmes sophistiqués de détection des rayonnements, qui repoussent les limites du possible en science nucléaire.

Installations de recherche spécialisées

Les applications du nobélium sont exclusivement limitées aux laboratoires de recherche nucléaire avancée, notamment le GSI en Allemagne, le RIKEN au Japon et le Berkeley Lab aux États-Unis. Ces installations utilisent le nobélium pour la recherche fondamentale en physique nucléaire et l’étude de la synthèse des éléments superlourds.

Analyse de la structure nucléaire

Les équipes de recherche utilisent le nobélium en spectroscopie des rayons gamma et dans des études de désintégration nucléaire afin de mesurer précisément les propriétés nucléaires, notamment le spin, la parité et les moments magnétiques. Ces mesures fournissent des données essentielles pour comprendre la structure en couches nucléaires des éléments superlourds.

Chimie sur atome unique

Les scientifiques réalisent des expériences pionnières de chimie sur atome unique avec le nobélium, en étudiant les états d’oxydation et le comportement chimique à partir de quelques atomes seulement. Ces expériences représentent la frontière ultime de la chimie, à la limite absolue de la science des matériaux.

Innovation dans les technologies de détection

Les recherches sur le nobélium nécessitent le développement de systèmes de détection de pointe, notamment des détecteurs sensibles à la position, des systèmes de mesure du temps de vol et des méthodes avancées d’identification des particules, qui font progresser les technologies d’instrumentation nucléaire en vue de futures découvertes.

D’où il vient

Présence naturelle

0 mg/kg de la croûte terrestre · plus abondant que 0 % des éléments

Élément entièrement synthétique

Le nobélium n’existe que grâce à une synthèse artificielle dans des accélérateurs de particules et n’a jamais été trouvé naturellement sur Terre ni détecté dans les spectres stellaires. Cet élément superlourd représente l’une des créations les plus exclusives de l’humanité, n’existant nulle part ailleurs dans l’Univers connu.

Production par accélérateur

Les scientifiques créent le nobélium en bombardant des cibles de curium ou de californium avec des ions de carbone, d’oxygène ou de néon dans des accélérateurs linéaires. La synthèse initiale contestée impliquait le bombardement du curium-244 par des noyaux de carbone-13, bien que la production définitive n’ait été obtenue que dans les années 1960.

Existence ultracourte

L’isotope du nobélium le plus stable, 259No, a une demi-vie de seulement 58 minutes, ce qui rend impossible la survie de nobélium primordial depuis la formation de la Terre. Les atomes de nobélium synthétique actuels n’existent que quelques minutes avant de se désintégrer en éléments plus légers.

Quantités de production microscopiques

La production mondiale de nobélium se mesure en atomes individuels par expérience, la synthèse annuelle mondiale totalisant peut-être quelques milliers d’atomes. Cet élément nécessite des accélérateurs de particules sophistiqués, des matériaux cibles rares et des apports énergétiques considérables pour sa synthèse.

Impossibilité cosmique

Contrairement aux éléments formés par nucléosynthèse stellaire ou par interactions avec les rayons cosmiques, le nobélium ne peut pas se former naturellement en raison de sa demi-vie extrêmement courte et de ses exigences spécifiques en matière de réactions nucléaires. Il représente une matière qui n’existe que grâce à l’intervention technologique humaine.

Manipulation

Sécurité

Nobélium est radioactif. Il ne possède aucun isotope stable : chaque noyau se désintègre. Sa manipulation exige un blindage et des autorisations appropriés.

Danger radioactif grave

AVERTISSEMENT : Le nobélium est un élément synthétique intensément radioactif qui émet des particules alpha dangereuses, des rayonnements bêta et des rayons gamma. Même des quantités de l’ordre du nanogramme présentent de graves risques pour la santé et nécessitent une manipulation dans une installation nucléaire spécialisée ainsi qu’une surveillance continue des rayonnements.

Menaces radiologiques multiples

Les isotopes du nobélium subissent une fission spontanée et une désintégration alpha, produisant des rayonnements de haute énergie et des émissions de neutrons. Une contamination interne provoquerait un grave empoisonnement par les rayonnements, des lésions organiques et potentiellement un syndrome d’irradiation mortel en quelques heures ou quelques jours.

Protocoles de sécurité extrêmes

Les recherches nécessitent des cellules chaudes de classe A, des systèmes de manipulation robotisés et un blindage épais en plomb. Le personnel doit rester à une distance importante des échantillons et utiliser exclusivement des outils de manipulation à distance. La surveillance continue de l’air et des capacités d’intervention d’urgence pour la décontamination sont obligatoires.

Contrôle de la contamination

Toutes les surfaces, tous les équipements et tous les matériaux qui entrent en contact avec le nobélium deviennent radioactivement contaminés et nécessitent une élimination spécialisée en tant que déchets nucléaires de haute activité. Même des traces microscopiques peuvent créer des dangers radiologiques persistants pendant plusieurs demi-vies.

Réponses rapides

Nobélium : questions fréquentes

Qu’est-ce que Nobélium ?

Nobélium (symbole No) est l’élément 102 du tableau périodique, un actinide de la période 7. L’objet d’une controverse de découverte qui a duré une décennie entre des équipes suédoises, américaines et soviétiques. À température ambiante, il devrait être solide et il est radioactif.

Quelle est la configuration électronique de Nobélium ?

La configuration électronique à l’état fondamental de Nobélium est [Rn] 5f¹⁴ 7s² ; elle comporte 7 couches occupées, avec la répartition 2, 8, 18, 32, 32, 8, 2.

Quels sont les points de fusion et d’ébullition de Nobélium ?

Aucun échantillon de Nobélium n’a jamais été condensé ; les deux valeurs sont donc calculées plutôt que mesurées : on prévoit une fusion à 1100 K (826.9 °C) et une ébullition à non mesuré.

Quelle est la masse atomique de Nobélium ?

Nobélium n’a aucun isotope stable ; il n’a donc pas de masse atomique standard. La valeur indiquée, 259, est le nombre de masse de son isotope connu ayant la plus longue durée de vie.

Quelle est la masse volumique de Nobélium ?

On prévoit que Nobélium aura une masse volumique d’environ 9.9 g/cm³, bien qu’aucun échantillon suffisamment grand pour être pesé n’ait jamais été produit. À titre de comparaison, l’eau a une masse volumique de 1.0 g/cm³.

Quelle est l’électronégativité de Nobélium ?

Nobélium a une électronégativité de Pauling de 1.3. L’échelle va de 0.70 (le francium, le moins attiré par les électrons) à 3.98 (le fluor, le plus attiré). Les valeurs de cette plage intermédiaire tendent à former des liaisons covalentes plutôt que des liaisons fortement ioniques.

Qui a découvert Nobélium, et quand ?

Nobélium a été découvert en 1958 par Joint Institute for Nuclear Research. Il porte le nom de alfred Nobel.

Quelle est l’abondance de Nobélium sur Terre ?

Nobélium n’existe pas naturellement sur Terre en quantité significative — il est produit dans un réacteur ou un accélérateur.

Nobélium est-il radioactif ?

Oui. Nobélium ne possède aucun isotope stable — chacun de ses noyaux se désintègre. Il n’existe pas dans la nature en quantités utilisables et doit être synthétisé.