43 Tc Technétium 98*
Métal de transition bloc-d Période 5 Groupe 7 Radioactifs Synthétique

Technétium

Tc · Élément 43 · Métal de transition

Le premier élément fabriqué par l’être humain plutôt que découvert dans la nature — et le plus léger à ne posséder aucun isotope stable.

État à 20°C solide
Masse atomique 98 u
Configuration électronique[Kr] 4d⁵ 5s²

Structure

L’atome de technétium

Il ne s’agit pas d’un diagramme de points sur des anneaux — mais d’un échantillon de Monte-Carlo de la véritable densité de probabilité |ψ|² pour chaque sous-couche occupée. Faites glisser pour faire pivoter. Le bleu et le violet indiquent les signes opposés de la fonction d’onde, ce qui rend la liaison possible.

Nuage orbital

Valeurs mesurées

Fiche de propriétés

Chaque barre indique où se situe technétium parmi les 118 éléments pour cette propriété.

Physique

Masse volumique 11 g/cm³ 68%
Point de fusion 2430 K 91%
Point d’ébullition 4538 K 90%
Chaleur massique 0,24 J/g·K
Conductivité thermique 50,6 W/m·K 66%

Atomique

Rayon atomique 136 pm 26%
Rayon covalent 147 pm
Rayon de Van der Waals 209 pm

Électronique

Électronégativité 1,9 61%
Énergie d’ionisation 702,4 kJ/mol 50%
Affinité électronique 53,1 kJ/mol 44%

Occurrence

Abondance dans la croûte terrestre 0 mg/kg 0%

Identité

SymboleTc
Numéro atomique43
Masse atomique98 u
CatégorieMétal de transition
Blocd
Structure cristallinestructure hexagonale compacte
États d’oxydation-3, -1, 0, +1, +2, +3, +4, +5, +6, +7
Découvert1937
Découvert parPerrier & Segre

Sources : masses atomiques standard de l’IUPAC 2021 · CRC Handbook of Chemistry and Physics · NIST. Les valeurs marquées ~ sont prédites plutôt que mesurées.

Taille, à l’échelle

Quelle est la taille de l’atome de technétium ?

Rayon de 136 pm — soit 0,136 nm ; il en faudrait donc environ 3,68 millions côte à côte pour couvrir un millimètre.

Plage thermique

Solide, liquide, gaz — et quand

Technétium est liquide dans une plage de 2108 K, de 2430 K à 4538 K.

Où il se trouve

Position dans le tableau

Technétium se trouve dans la période 5, groupe 7. Tous les éléments du groupe 7 possèdent le même nombre d’électrons externes, ce qui explique qu’ils se comportent de manière si similaire.

Autres Métaux de transition

Tous les métaux de transition

L’histoire

Ce qu’est technétium et comment nous l’avons découvert

Le premier élément fabriqué par l’être humain plutôt que découvert dans la nature — et le plus léger à ne posséder aucun isotope stable.

La découverte de technétium

Une quête de 75 ans

L’histoire de la découverte du technétium s’étend sur trois quarts de siècle et implique de fausses annonces, une rivalité internationale et l’avènement de l’ère nucléaire. L’élément 43 est devenu le prix le plus insaisissable de la chimie, les scientifiques du monde entier se livrant à une course pour combler la mystérieuse lacune du tableau périodique.

La prédiction de Mendeleïev (1871)

Le tableau périodique de Dmitri Mendeleïev prédisait que l’élément 43 devait exister entre le molybdène et le ruthénium, avec des propriétés intermédiaires entre celles de ces éléments. Il appela cet élément hypothétique « eka-manganèse », prédisant sa masse atomique et son comportement chimique avec une remarquable précision.

Fausses découvertes et espoirs déçus

Entre 1877 et 1925, les scientifiques annoncèrent au moins quatre « découvertes » de l’élément 43, chacune s’étant ensuite révélée incorrecte. La chimiste allemande Ida Noddack revendiqua la découverte en 1925 et nomma l’élément « masurium », d’après une région de Prusse, mais ne put jamais fournir de preuves convaincantes.

La controverse italienne (1937)

Le minéralogiste italien Emilio Segrè crut d’abord avoir trouvé l’élément 43 dans des minerais de platine d’Amérique du Sud. Cependant, une analyse ultérieure prouva que les échantillons ne contenaient que des éléments connus, ajoutant une nouvelle fausse annonce à l’histoire mouvementée de la découverte de l’élément 43.

La percée nucléaire (1937)

La véritable découverte fut réalisée grâce à la physique nucléaire, et non à la chimie. Emilio Segrè, qui visitait le laboratoire du cyclotron d’Ernest Lawrence à Berkeley, reçut une plaque déflectrice en molybdène bombardée par des deutérons pendant plusieurs mois.

L’analyse de Segrè et Perrier

De retour en Italie, Segrè et son collègue Carlo Perrier analysèrent chimiquement le molybdène irradié à l’aide de techniques sophistiquées de séparation. Ils isolèrent une fraction radioactive dont les propriétés chimiques correspondaient exactement aux prédictions de Mendeleïev pour l’élément 43.

Grâce à une analyse radiochimique minutieuse, ils prouvèrent qu’il s’agissait bien de l’élément 43 – le premier élément découvert qui n’existe pas naturellement sur Terre. Ils le nommèrent « technétium », d’après le grec « technetos », qui signifie « artificiel ».

Confirmation chimique

L’article de Segrè et Perrier publié en 1937 décrivait en détail le comportement chimique du technétium, confirmant les prédictions de Mendeleïev vieilles de 66 ans. L’élément formait des composés similaires à ceux du manganèse et du rhénium, occupait la position attendue dans le tableau périodique et présentait les propriétés métalliques prédites.

Isolation du métal pur

Le premier technétium métallique pur ne fut isolé qu’en 1962, lorsque des chercheurs de l’Oak Ridge National Laboratory produisirent des quantités de l’ordre du gramme grâce à des opérations à grande échelle dans des réacteurs nucléaires. Ce métal pur confirma les propriétés physiques prédites du technétium, notamment son aspect argenté et son point de fusion élevé.

Reconnaissance scientifique

La découverte du technétium par Segrè contribua à son prix Nobel de physique de 1959 (partagé avec Owen Chamberlain pour la découverte de l’antiproton). La découverte du technétium démontra que la physique nucléaire pouvait créer des éléments entièrement nouveaux, ouvrant la voie à la découverte des éléments transuraniens.

Héritage et impact

La découverte du technétium prouva que le tableau périodique pouvait être étendu grâce à l’ingéniosité humaine, inspirant la création des éléments 93-118. Elle lança également le domaine de la médecine nucléaire, puisque le technétium-99m devint le radio-isotope médical le plus utilisé dans les deux décennies suivant la découverte de l’élément.

Collaboration internationale

La découverte du technétium illustra la coopération scientifique internationale pendant une période politique tendue. La technologie américaine des cyclotrons, l’expertise italienne en radiochimie et la communication scientifique mondiale se combinèrent pour résoudre l’un des plus grands mystères de la chimie.

Applications

À quoi sert technétium

Révolution de l’imagerie médicale

Le technétium-99m est le pilier de la médecine nucléaire : il est utilisé dans plus de 20 millions d’actes médicaux chaque année dans le monde. Cet isotope remarquable possède une demi-vie parfaite de 6 heures – suffisamment longue pour les procédures médicales complexes, mais assez courte pour réduire au minimum l’exposition des patients aux rayonnements.

Imagerie cardiaque

Les scintigraphies au technétium-99m MIBI (sestamibi) révèlent les artères coronaires obstruées avec une précision exceptionnelle, aidant les cardiologues à diagnostiquer les maladies cardiaques avant la survenue d’un infarctus. Ces examens peuvent détecter des obstructions artérielles d’à peine 2 mm de diamètre, ce qui pourrait sauver des millions de vies grâce à une intervention précoce.

Détection et stadification du cancer

Les scintigraphies osseuses au technétium détectent les métastases cancéreuses des mois avant qu’elles n’apparaissent sur les radiographies ou les scanners. Les oncologues utilisent ces examens pour déterminer le stade d’évolution du cancer et surveiller l’efficacité du traitement, faisant du technétium un outil essentiel dans la lutte mondiale contre le cancer.

Applications neurologiques

Le technétium-99m HMPAO franchit la barrière hémato-encéphalique, permettant aux médecins d’imager la circulation sanguine cérébrale et de détecter les accidents vasculaires cérébraux, la démence et l’épilepsie. Ces examens fournissent des informations essentielles pour traiter les affections neurologiques qui touchent des millions de patients dans le monde.

Détection précoce de la maladie d’Alzheimer

Des recherches de pointe utilisent des composés à base de technétium pour détecter les plaques amyloïdes dans les cerveaux vivants, ce qui pourrait permettre de diagnostiquer la maladie d’Alzheimer des années avant l’apparition des symptômes. Cette détection précoce pourrait révolutionner le traitement et la prévention de la démence.

Applications en recherche scientifique

Les propriétés radioactives uniques du technétium le rendent précieux pour la recherche scientifique. Ses modes de désintégration prévisibles et ses émissions de rayons gamma fournissent aux chercheurs un outil précis pour étudier les processus biologiques et les réactions chimiques.

Recherche en radiochimie

Les chercheurs utilisent le technétium comme traceur pour étudier la contamination environnementale, les processus industriels et les systèmes biologiques. L’origine artificielle du technétium signifie que tout technétium détecté provient nécessairement d’activités humaines, ce qui en fait un outil idéal pour la surveillance environnementale.

Applications dans l’industrie nucléaire

Le technétium-99 à longue durée de vie (demi-vie : 211 000 ans) constitue à la fois un défi et une opportunité pour la gestion des déchets nucléaires. Les chercheurs mettent au point des méthodes pour transmuter cet isotope à longue durée de vie en éléments à durée de vie plus courte ou stables, ce qui pourrait résoudre l’un des problèmes les plus persistants de l’énergie nucléaire.

Surveillance des réacteurs

Le technétium sert d’indicateur des performances et de la sécurité des réacteurs nucléaires. Sa présence et sa concentration dans les systèmes des réacteurs fournissent une alerte précoce en cas de détérioration des barres de combustible ou de brèche dans le confinement, renforçant les protocoles de sûreté nucléaire dans le monde entier.

Applications industrielles

Les propriétés uniques du technétium en tant qu’inhibiteur de corrosion sont prometteuses pour protéger l’acier dans des environnements extrêmes. Même de très petites quantités (1-10 parties par million) peuvent réduire considérablement la corrosion de l’acier dans l’eau de mer et les milieux acides.

Potentiel futur

Les recherches se poursuivent sur les applications potentielles du technétium dans les matériaux avancés, l’électronique et l’exploration spatiale. Premier élément produit artificiellement, le technétium représente la capacité de l’humanité à créer de nouveaux matériaux pour relever les défis futurs.

Actes médicaux courants

Bien qu’invisible pour les patients, le technétium-99m est présent dans de nombreux actes médicaux courants. Tous les grands hôpitaux du monde disposent de générateurs de technétium, ce qui rend cet élément artificiel plus courant dans les établissements médicaux que de nombreux éléments présents naturellement.

Examens diagnostiques courants

  • Scintigraphies osseuses : détection des fractures, des infections et de la propagation du cancer
  • Épreuves d’effort cardiaque : évaluation de la fonction cardiaque pendant l’exercice
  • Tests de la fonction rénale : surveillance du débit sanguin rénal et de la filtration
  • Imagerie de la thyroïde : évaluation des nodules et de la fonction thyroïdienne
  • Scintigraphies de ventilation pulmonaire : diagnostic des embolies pulmonaires

Applications médicales spécialisées

Les services d’urgence s’appuient sur les scintigraphies au technétium pour diagnostiquer rapidement les affections potentiellement mortelles. Une scintigraphie pulmonaire au technétium peut diagnostiquer une embolie pulmonaire en 30 minutes, contre plusieurs heures pour les examens traditionnels – ce qui peut sauver des vies grâce à un traitement plus rapide.

Médecine pédiatrique

Les enfants passent des scintigraphies au technétium pour diagnostiquer des problèmes rénaux, des infections osseuses et des anomalies congénitales. La courte demi-vie de l’isotope réduit l’exposition aux rayonnements des organismes en croissance tout en fournissant des informations diagnostiques essentielles.

Production de produits radiopharmaceutiques

Les pharmacies hospitalières de médecine nucléaire préparent chaque jour des dizaines de produits radiopharmaceutiques différents à base de technétium. Ces médicaments spécialisés ciblent des organes et des tissus précis, permettant une imagerie médicale ciblée avec un minimum d’effets secondaires.

Contrôle qualité

  • Contrôle quotidien des générateurs : garantit la production de technétium-99m pur
  • Tests de stérilité : garantissent la sécurité des préparations injectables
  • Sécurité radiologique : surveille l’exposition du personnel médical

Formation et enseignement médicaux

Les étudiants en médecine, les internes et les techniciens apprennent les procédures de médecine nucléaire à l’aide de fantômes et de supports de formation à base de technétium. Cette formation pratique garantit une utilisation sûre et efficace des technologies de médecine nucléaire dans le monde entier.

Recherche et développement

Les entreprises pharmaceutiques utilisent le technétium pour mettre au point de nouveaux agents d’imagerie médicale. Les recherches sur les anticorps et les peptides marqués au technétium promettent une détection des maladies et une surveillance des traitements encore plus précises.

Essais cliniques

Des essais cliniques en cours étudient le potentiel du technétium pour imager de nouvelles maladies et affections. Ces études pourraient étendre les applications médicales du technétium à l’imagerie moléculaire du cancer, des maladies cardiaques et des troubles neurologiques.

Impact sur la santé mondiale

Les organisations d’aide internationale utilisent des générateurs de technétium portables pour apporter la médecine nucléaire dans les régions mal desservies. Ces unités mobiles permettent de réaliser des examens diagnostiques vitaux dans les zones dépourvues d’infrastructures médicales traditionnelles.

Réponse aux catastrophes

Les équipes médicales d’urgence déploient des équipements d’imagerie au technétium lors de catastrophes naturelles et de crises humanitaires, fournissant des capacités de diagnostic rapide lorsque les hôpitaux traditionnels sont indisponibles ou débordés.

D’où il vient

Présence naturelle

0 mg/kg de la croûte terrestre · plus abondant que 0 % des éléments

L’élément manquant

Le technétium possède la particularité unique d’être le premier élément découvert qui n’existe pas naturellement sur Terre. Chaque atome de technétium présent sur notre planète a été créé artificiellement par la technologie humaine, ce qui en fait littéralement un élément « fabriqué par l’homme ».

La lacune du tableau périodique

Pendant des décennies, l’élément 43 a représenté une lacune mystérieuse dans le tableau périodique. Les scientifiques savaient qu’il devait exister d’après la loi périodique de Mendeleïev, mais personne ne pouvait le trouver dans la nature. Cette absence intriguait les chimistes et a donné lieu à de nombreuses fausses annonces de découverte avant que la vérité ne soit établie.

Formation stellaire et rareté cosmique

Le technétium se forme naturellement au cœur des étoiles géantes rouges par des processus de capture de neutrons. Cependant, sa demi-vie relativement courte (l’isotope à la durée de vie la plus longue ne subsiste que 4,2 millions d’années) signifie que tout technétium primordial formé lors de la création de la Terre s’est désintégré depuis longtemps.

Preuves astronomiques

Les astronomes détectent la signature spectrale du technétium dans les atmosphères des étoiles de type S, fournissant une preuve directe de la nucléosynthèse active. Ces observations stellaires ont contribué à confirmer les théories sur la formation des éléments lourds à l’intérieur des étoiles.

Production dans les réacteurs nucléaires

Aujourd’hui, le technétium est produit dans les réacteurs nucléaires par fission de l’uranium-235. Lorsque les atomes d’uranium se scindent, ils produisent divers fragments de fission, dont le molybdène-99, qui se désintègre en technétium-99m avec une demi-vie de 66 heures.

Centres de production mondiaux

  • Canada : Chalk River Laboratories (premier producteur mondial jusqu’en 2018)
  • Pays-Bas : réacteur à haut flux de Petten
  • Belgique : réacteur BR2 de Mol
  • Afrique du Sud : réacteur SAFARI-1
  • Australie : réacteur OPAL pour l’approvisionnement de la région Asie-Pacifique

Héritage des déchets nucléaires

Le technétium-99 est l’un des composants les plus problématiques des déchets nucléaires en raison de sa demi-vie de 211 000 ans. Les dépôts de déchets nucléaires du monde entier contiennent des tonnes de technétium-99, constituant la plus grande concentration artificielle de cet élément créée par l’humanité.

Mobilité environnementale

Contrairement à de nombreux composants des déchets radioactifs, le technétium forme des ions pertechnétate très mobiles (TcO4-) qui peuvent se déplacer dans les eaux souterraines. Cette mobilité fait du technétium une préoccupation majeure pour le stockage des déchets nucléaires et la surveillance environnementale.

Synthèse en laboratoire

Les scientifiques peuvent produire du technétium par plusieurs méthodes artificielles, notamment le bombardement du molybdène par des neutrons, le bombardement du molybdène par des deutérons et l’extraction à partir des déchets de combustible nucléaire. Chaque méthode produit différents isotopes du technétium, aux propriétés et demi-vies variables.

Production par accélérateur

Les accélérateurs de particules peuvent produire directement du technétium-99m en bombardant des cibles de molybdène-100 avec des protons. Cette méthode offre une alternative à la production en réacteur et pourrait contribuer à remédier aux pénuries d’approvisionnement pour les applications médicales.

Perspective temporelle

Si l’histoire de la Terre, longue de 4,5 milliards d’années, était comprimée en une seule année, tout le technétium présent naturellement aurait disparu en février. Chaque atome de technétium actuellement présent sur Terre a été créé au cours des 80 dernières années de la technologie nucléaire humaine.

Manipulation

Sécurité

Technétium est radioactif. Il ne possède aucun isotope stable : chaque noyau se désintègre. Sa manipulation exige un blindage et des autorisations appropriés.

Priorités en matière de radioprotection

La principale préoccupation liée à la sécurité du technétium est l’exposition aux rayonnements, et non la toxicité chimique. Tous les isotopes du technétium sont radioactifs, ce qui exige des procédures de manipulation spécialisées, des équipements de surveillance et une formation pour garantir une utilisation sûre.

Principes de radioprotection

  • Temps : réduire la durée d’exposition grâce à des procédures efficaces
  • Distance : maintenir la distance pratique maximale par rapport aux sources
  • Écran de protection : utiliser des barrières appropriées en plomb ou en tungstène
  • ALARA : maintenir les expositions à un niveau aussi bas que raisonnablement possible

Sécurité lors des utilisations médicales

La demi-vie de 6 heures du technétium-99m et ses rayons gamma de faible énergie en font l’un des radio-isotopes médicaux les plus sûrs. Les doses de rayonnement reçues par les patients sont généralement inférieures au rayonnement naturel annuel, mais des protocoles appropriés garantissent néanmoins une sécurité maximale.

Mesures de sécurité pour les patients

  • Dépistage de la grossesse : vérifier l’état de grossesse avant l’administration
  • Allaitement : une interruption temporaire peut être recommandée
  • Hydratation : encourager la consommation de liquides pour favoriser l’élimination
  • Isolement : prendre brièvement des précautions en cas de contact rapproché avec des nourrissons

Sécurité professionnelle

Les professionnels de santé qui manipulent du technétium doivent respecter des protocoles stricts de radioprotection. Les services de médecine nucléaire disposent de programmes complets de sécurité comprenant la formation, la surveillance et les procédures d’urgence.

Exigences de protection des travailleurs

  • Dosimétrie individuelle : port obligatoire de dosimètres à film ou électroniques
  • Limites annuelles : dose limite de 50 mSv (5 rem) pour le corps entier
  • Surveillance médicale : suivi régulier de la santé des travailleurs exposés aux rayonnements
  • Formation : formation complète et certification en radioprotection

Considérations relatives à la toxicité chimique

Bien que les rayonnements constituent la principale préoccupation, la toxicité chimique du technétium ressemble à celle du rhénium et du manganèse. Les études indiquent une toxicité chimique modérée, mais les limites d’exposition aux rayonnements sont toujours plus restrictives que les limites d’exposition chimique.

Effets à long terme sur la santé

Technétium-99 : l’isotope à longue durée de vie (demi-vie de 211 000 ans) présente des risques à long terme plus importants en raison de la contamination interne persistante. L’exposition environnementale doit être réduite au minimum grâce à une gestion appropriée des déchets.

Gestion des déchets

Les déchets de technétium nécessitent des procédures d’élimination spécialisées fondées sur la demi-vie de l’isotope et les niveaux d’activité. Le technétium-99m à courte durée de vie peut être entreposé jusqu’à sa désintégration, tandis que le technétium-99 à longue durée de vie doit être éliminé définitivement dans des installations agréées.

Catégories d’élimination

  • Entreposage jusqu’à décroissance : déchets de Tc-99m conservés pendant 10 demi-vies (60 heures)
  • Déchets de faible activité : isotopes à plus longue durée de vie envoyés dans des installations d’élimination agréées
  • Matériaux contaminés : gants, seringues et flacons nécessitant un tri approprié

Procédures d’urgence

  • Intervention en cas de déversement : évacuer la zone, contenir le déversement, prévenir le responsable de la radioprotection
  • Contamination : retirer les vêtements contaminés, laver avec de l’eau et du savon
  • Ingestion : ne pas provoquer de vomissements ; consulter immédiatement un médecin
  • Erreurs d’injection : calculer la dose, surveiller le patient, documenter l’incident

Surveillance environnementale

Les installations utilisant du technétium doivent surveiller la contamination de l’air, de l’eau et des surfaces. Les limites de rejet dans l’environnement garantissent la sécurité du public tout en permettant les applications médicales et de recherche bénéfiques.

Réponses rapides

Technétium : questions fréquentes

Qu’est-ce que Technétium ?

Technétium (symbole Tc) est l’élément 43 du tableau périodique, un Métal de transition de la période 5, du groupe 7. Le premier élément fabriqué par l’être humain plutôt que découvert dans la nature — et le plus léger à ne posséder aucun isotope stable. À température ambiante, c’est un solide et il est radioactif.

Quelle est la configuration électronique de Technétium ?

La configuration électronique à l’état fondamental de Technétium est [Kr] 4d⁵ 5s² ; elle comporte 5 couches occupées, avec la répartition 2, 8, 18, 13, 2.

Quels sont les points de fusion et d’ébullition de Technétium ?

Technétium fond à 2430 K (2156.9 °C) et bout à 4538 K (4264.9 °C). Cela le classe parmi les éléments les plus réfractaires — il reste solide à des températures qui vaporisent la plupart des métaux.

Quelle est la masse atomique de Technétium ?

Technétium n’a aucun isotope stable ; il n’a donc pas de masse atomique standard. La valeur indiquée, 98, est le nombre de masse de son isotope connu ayant la plus longue durée de vie.

Quelle est la masse volumique de Technétium ?

Technétium a une masse volumique de 11 g/cm³. L’eau a une masse volumique de 1.0 g/cm³ ; un bloc de Technétium est donc environ 11× plus lourd.

Quelle est l’électronégativité de Technétium ?

Technétium a une électronégativité de Pauling de 1.9. L’échelle va de 0.70 (le francium, le moins attiré par les électrons) à 3.98 (le fluor, le plus attiré). Les valeurs de cette plage intermédiaire tendent à former des liaisons covalentes plutôt que des liaisons fortement ioniques.

Qui a découvert Technétium, et quand ?

Technétium a été découvert en 1937 par Perrier & Segre. Il porte le nom de grec technetos, « artificiel » — le premier élément synthétique.

Quelle est l’abondance de Technétium sur Terre ?

Technétium n’existe pas naturellement sur Terre en quantité significative — il est produit dans un réacteur ou un accélérateur.

Technétium est-il radioactif ?

Oui. Technétium ne possède aucun isotope stable — chacun de ses noyaux se désintègre. Il n’existe pas dans la nature en quantités utilisables et doit être synthétisé.